OU LA SATYRE ARTISTIQUE DE L’ENVIRONNEMENT

ANTITHÈSE DES SITUATIONS, MESSAGES DÉRIVÉS ET FORCE DU VISUEL… JOSH KEYES TRAITE LE FOND ET LA FORME DE SES ŒUVRES DANS UN STYLE ULTRA PERSONNEL QUI FAIT DU BIEN À L’ART CONTEMPORAIN. LOIN DE LA CULTURE DE L’ABSTRAIT QUI INONDE LES GALERIES, QUI NOUS EMMERDE ET NOUS LAISSE DE MARBRE (OUAIS L’INTERROGATION SUR LE MOI-INTÉRIEUR DE L’ARTISTE, COMPARÉ À SA PROPRE INTERPRÉTATION CONCEPTUELLE DU MONDE, DANS UNE OPTIQUE D’ART BINAIRE, UN TRUC DANS LE GENRE QUOI), IL CRÉE UN UNIVERS QUI NOUS PARLE, QUI UTILISE NOS CODES ET EN MÊME TEMPS NOUS FAIT RÉFLÉCHIR…
Parcours de l’écolier parfait, Master en Beaux Arts à Yale, un cursus-étape loin d’être absolu, à moins de vouloir se la raconter sur le côté prestigieux de l’histoire, se faire critiquer à longueur de journée, performer sa technique et devenir plus culturé…
Anyway, certes donc ça lui a beaucoup servi mais la puissance de ses œuvres vient d’ailleurs, une espèce de frénésie pour la complexité du monde naturel, une investigation entre les problèmes environnementaux, les conflits politiques, l’emprise de l’homme sur le milieu naturel et urbain. Chaque œuvre raconte une histoire, pointe un problème, la confusion entre une nature brute et les débris de l’homme, une approche hyper personnelle, fouillée dans des bouquins scientifiques, et empreinte du quotidien.
Si on voulait vraiment faire un rapprochement concret, ce serait une belle balance entre une imagerie de littérature dystopienne, genre post-apocalyptique, super-réaliste, qui étend un regard noir sur nos sociétés misérables, face à des visions utopiques comme celles de l’écrivain et inventeur Buckminster Fuller ou de l’architecte Paolo Soleri, qui expérimente le design et l’architecture dans le but de créer des nouveaux espaces habitables complètement écologiques. Mais au fond, ses peintures sont complètement accessibles, dépourvues de fioritures inutiles et arrogantes, l’esthétique est propre, simple, presque proche d’un travail vectoriel, alors qu’il s’y refuse encore, préférant le côté physique de la peinture et de la sculpture, s’en foutre plein les mains et respirer ces odeurs.
Josh Keyes est donc de cette nouvelle génération d’artistes contemporains qu’on a du mal à mettre dans cette catégorie tant la qualification peut sembler péjorative. Péjorative dans le sens où l’art contemporain ne nous fait plus grand chose et où l’art de la rue nous semble tellement plus vivant et plus cohérent avec notre vision. Dans l’esprit, Josh Keyes s’en rapproche, interroge et surprend. Pas besoin de trop réfléchir ou d’avoir de références académiques savantes pour comprendre, l’image parle, à nous d’en faire une histoire.
A checker, selon les conseils de Josh Keyes