DU TRAVAIL EN MOINS POUR LES PETITS CHINOISjune 08 gustav magazine switzerland

ETIQUETTE ECO, LABEL COMMERCE EQUITABLE …C’EST TOUJOURS DIFFICILE DE JUGER L’IMPLICATION D’UNE MARQUE DANS LA PROTECTION DE LA PLANETE. SIMPLE COUP MARKETING A L’HEURE DES PRISES DE CONSCIENCES OU REEL ENGAGEMENT, LA SUBTILITE EST SOUVENT CONFUSE, MAIS EST-CE BIEN NECESSAIRE DE SE POSER LA QUESTION TANT QUE ÇA RESTE BENEFIQUE POUR LA PLANETE ? OUI PEUT-ETRE, PARCE QUE TOUTES CES PROMESSES NE DEVRAIENT-ELLES PAS ETRE FONDAMENTALES ?
ALORS ON SALUT LES NOUVEAUX LABELS QUI N’EN FONT PAS LEUR CHEVAL DE BATAILLE MAIS QUI L’IMPLIQUENT LOGIQUEMENT DANS LEUR STRATEGIE. PROJET-M EN FAIT PARTI… LE TRUC DE SON FONDATEUR ? FABRIQUE EN FRANCE… POURQUOI ? BEN IL NOUS L’EXPLIQUE…
Antoine Seve a passé une dizaine d’année à bosser pour Homecore et Lady Soul, une expérience plutôt privilégiée, quand on sait que ces deux marques sont quand même pionnières dans la mode urbaine française. Alors quand il a voulu créer une marque de ses propres mains, il a pris un sac, et il y a mis ces influences et désirs, il a secoué tout ça et Projet-M est sorti
« Je voulais réagir à ce que je considère comme les dérives de la mondialisation, l’exploitation et la pollution qui ne me semblaient pas vraiment en accord avec la street culture et plus précisément la culture Hip-Hop dont je suis issu ».
Un blason traditionnel façon super-héros en guise de logo, la culture urbaine pour terrain de jeu, la volonté de respecter à la fois ses clients, l’environnement et dénoncer l’hypocrisie de la mondialisation comme objectif, avec une stratégie toute simple : Fabriqué en France.
« Fabriquer en France, cela me permet de respecter les idées créatrices de Projet-M, avant tout la qualité des productions, mais aussi une qualité plus globale, dans laquelle on retrouve le respect de la dignité humaine, et celui de la planète. Pas besoin de certification, en France, les ouvriers travaillent d’après les lois en vigueur (temps et conditions de travail, couverture sociale…) et le respect de l’environnement est prévu par la loi », nous précise Antoine.
C’est clair que vu comme ça, pourquoi perdre du temps dans la course aux certifications ?
Il suffit juste d’avoir une vision éthique du business en intégrant les valeurs du développement durable de manière logique : limiter les kilomètres parcourus par les productions et donc réduire les émissions de CO², favoriser la proximité des usines pour diminuer les coûts de développement et donc moins puiser dans les ressources, et se fournir en coton bio tout prêt (oui la on dit merci Suisse).
Mais pour lui, sa démarche citoyenne ne doit pas s’arrêter là. Le style des créations doit aussi s’inscrire dans cette philosophie. Alors tout simplement il propose une collection intemporelle, pour un look plutôt street-dandy, élégant et confort (les enfants du hip-hop grandissent, et la classe va avec !) : des toiles nobles mixées à des détails pratiques et aux codes de la mode street, une collection de base qui fonctionne plus en terme de réactualisation (gilet, jacket, bermuda, polo, pant, casquette, chemise…), des tee-shirts qui se renouvellent en fonction des collabs avec les artistes… Des vêtements qui durent dans le temps tant au niveau de la qualité qu’au niveau du style, des créations que les aficionados peuvent retrouver de saison en saison, et en apprécier les changements de matières ou de visuels.
On apprécie cette démarche à la fois simple et profonde : garder une ligne de conduite, ne pas se laisser influencer par les tendances pour éviter de disperser son activité et travailler avec toutes les dispositions que le développement durable implique, parce que finalement c’est pas compliqué, il suffit juste de s’organiser.
On vient de la street culture, nos racines, notre époque, nos passions nous ramènent toujours à nous écoeurer des vices de la mondialisation, mais pourquoi, quand il s’agit de business, on est si peu à les dénoncer et en prendre le contre-pied ?
« Pour moi le mec qui a passé son adolescence à défoncer des trains et qui maintenant travaille pour Nike, ça me pose problème. J’ai pas envie de monter dans ma merco (que je n’ai pas), de caler ma fille derrière et de me dire « Tout ça Antoine, tu le dois aux petits chinois qui travaillent comme des enculés. » »
A bon entendeur !